Archives de catégorie : L’écriture ou la vie

Le beau métier de critique

La beauté du monde, la littérature et les arts, Jean Starobinski, présenté par Martin Rueff, Quarto Gallimard, 2016

starobinskiLes Éditions Gallimard ont eu la bonne idée d’éditer les écrits de Jean Starobinski consacrés aux écrivains, peintres et musiciens que le critique et passionné des arts publia entre 1946 et 2010. J. Starobinski est un personnage singulier. Né en 1920, auteur de deux thèses, en littérature (sur Rousseau) et en médecine (sur le traitement de la mélancolie), il fut médecin psychiatre, historien des idées, essayiste, fin mélomane, grand amateur de peinture et porta un regard neuf sur la critique littéraire. Continuer la lecture de Le beau métier de critique

Partir en vacances de soi

Disparaître de soiUne tentation contemporaine, David Le Breton, Métailié, 2015

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Monica Vitti dans L’Avventura (film de M. Antonioni, 1960)

Partir, fuir, quitter, abandonner une place, une identité, pour s’évanouir ou reconstruire quelque chose ailleurs. Miracle du déplacement dans l’espace ou l’imaginaire pour s’oublier, se transformer. Je suis tombée un peu par hasard sur l’essai de David Le Breton, Disparaître de soi, lecture étonnante et stimulante ! Continuer la lecture de Partir en vacances de soi

Petite histoire d’un retournement

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Pierre Bayard, Minuit, 2007

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W. Allen et R. Schneider dans Quoi de neuf Pussy cat ? (Clive Donner, 1965)

J’ai lu ce livre à reculons. J’en pressentais le discours universitaire froid, provocateur, une forme de dandysme. Je ne voyais pas vraiment l’intérêt d’écrire sur le sujet. De son titre, je percevais la suprématie d’une parole-imposture sur l’expérience profonde, singulière, intime de la lecture. J’avais jusque-là résisté à Marc qui me parlait régulièrement de ce livre. Je n’aime pas sentir une trop forte prescription même si je suis tout à fait capable de la faire subir à d’autres. Continuer la lecture de Petite histoire d’un retournement

Derniers feux du fleuve-Barthes

La préparation du roman, Roland Barthes, cours au Collège de France (1978-1980), Le Seuil, 2015

barthesJe n’ai compris que récemment ce qui me plaisait tant chez Roland Barthes. Il expose avec une belle clarté (sans peur des mots rares, et la sémiologie en compte quelques-uns) et s’expose d’un même jet. Il énonce une pensée érudite, argumentée, fine et n’oublie Continuer la lecture de Derniers feux du fleuve-Barthes