Archives par mot-clé : absence

Dans le ciel rouge de Paris

L’envol ou le rêve de voler, présenté par Antoine de Galbert, la Maison rouge, Flammarion, 2018

Yves Klein, Le saut dans le vide, tirage argentique, 1960

Le lieu fermera, une fois l’exposition en cours achevée, le 28 octobre 2018. L’envol ou le rêve de voler, tel est le nom prophétique, testamentaire, de la dernière exposition de la Maison rouge. Lorsque j’y suis allée, elle irradiait, la lumière d’une fin d’après-midi d’août rougissait le ciel, comme si le lieu diffusait ce qu’il contenait… L’envol ou le rêve de voler est un parcours enchanteur, léger comme l’air, tout en interrogations gazeuses sur le vieux rêve humain, en essais poétiques et infructueux, sauf à dire que le vol peut ne durer qu’une fraction de seconde, un simple saut pour s’arracher à l’attraction terrestre. Alors, sous le ciel de la Maison rouge il y a…

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Des absentes au goût d’absinthe

Minuit en mon silence, Pierre Cendors, Le Tripode, 2017 // Une autre Aurélia, Jean François Billeter, Allia, 2017

Ce sont deux textes courts, une centaine de pages chacun. Je les ai lus rapprochés dans le temps et je les ai rapprochés autrement. Chacun est centré sur une absente, une absence. Dans Minuit en mon silence, un jeune soldat allemand, avant de repartir au front avec la certitude d’y mourir, adresse une lettre d’amour à une jeune Else rencontrée avant la guerre à Paris. La lettre est datée du 28 septembre 1914. Dans Une autre Aurélia, Jean François Billeter, 78 ans, recense sous la forme d’un journal serré, ses impressions après la mort de sa femme, Wen, le 9 novembre 2012. Deux femmes aimées qui s’éloignent, deux hommes qui formulent leur solitude, deux jeux d’aller-retour entre présence et absence, deux textes d’une grande densité émotionnelle. Continuer la lecture de Des absentes au goût d’absinthe

Sens de lecture

l’absence, Anna Boulanger, Le Tripode, 2016

Je ne sais pas pourquoi mais j’aime bien me rappeler ce qui m’a conduit à un livre. Je le fais parfois dans ce blog. Je le fais souvent quand je parle d’un livre à quelqu’un (je sens d’ailleurs que ça agace et qu’on aimerait bien que j’en arrive au fait, ce qui est peut-être déjà votre cas, en ce moment, mais j’ai appris à supporter mes détours et les effets qu’ils provoquent). La première fois que j’ai entendu parler de ce livre, il y a deux semaines, Continuer la lecture de Sens de lecture

Démocratie es-tu là ?

La lucidité, José Saramago, traduit du portugais par Geneviève Leibrich, Le Seuil, 2004

José de Sousa Saramago (1922-2010)

J’avais essayé de le lire voici quelques années, cinq ans et demi exactement, puisque j’ai récemment retrouvé dans ses pages un chèque, non encaissé, daté du 8 août 2011. Intérêt de certains marque-pages. Je n’étais cependant pas parvenue à m’attacher à ce texte perçu alors comme ardu, froid, lisse, compact. Je l’avais choisi après l’enthousiasme Continuer la lecture de Démocratie es-tu là ?

Partir en vacances de soi

Disparaître de soiUne tentation contemporaine, David Le Breton, Métailié, 2015

disparition
Monica Vitti dans L’Avventura (film de M. Antonioni, 1960)

Partir, fuir, quitter, abandonner une place, une identité, pour s’évanouir ou reconstruire quelque chose ailleurs. Miracle du déplacement dans l’espace ou l’imaginaire pour s’oublier, se transformer. Je suis tombée un peu par hasard sur l’essai de David Le Breton, Disparaître de soi, lecture étonnante et stimulante ! Continuer la lecture de Partir en vacances de soi