Archives de catégorie : Le monde comme il va (ou pas)

Ivres de livres

Le corps des libraires, Vincent Puente, La Bibliothèque, 2015

Roland Topor, « Le voyageur immobile », lithographie, 1968, BNF

Quels libraires se reconnaîtront dans Le corps des libraires – Histoires de quelques libraires remarquables et autres choses ? Tous ceux restés attentifs à la folie, même enfouie, qui les a fait choisir cet étonnant métier. Vincent Puente nous fait traverser de drôles de librairies de France ou d’ailleurs, encore ouvertes ou bizarrement disparues. Nous rencontrons des libraires sortis de romans de Franz Kafka, Robert Walser ou Boris Vian et nous rions beaucoup, ce qui n’est pas forcément garanti avec les deux premiers auteurs cités. Continuer la lecture de Ivres de livres

L’homme d’images qui aimait les mots

Quand j’étais photographe, Nadar, A propos, 2017

Nadar, Autoportrait tournant, 1865

Dans son atelier du 113 rue Saint-Lazare, il a réalisé de nombreux et beaux portraits d’artistes. Né avec les premières recherches de Nicéphore Niepce, il a suivi les trouvailles de Daguerre (la fixation sur plaque argentée d’une image) et participé aux premiers pas d’une technique devenue art. Nadar a 80 ans quand parait son ouvrage Quand j’étais photographe.  Quatorze récits vifs et souvent drôles pour saisir l’étonnant de l’invention photographique. Les éditions A propos ont eu la bonne idée d’exhumer ces textes. Ils paraissent enrichis (avant-propos, notes de Caroline Larroche, historienne de l’art, chronologie et bibliographie) et illustrés. Plongée dans le tourbillon du XIXe siècle avec un homme qui aimait autant les images que les mots. Continuer la lecture de L’homme d’images qui aimait les mots

Alors, on fait comment avec les animaux ?

Abattoirs de Chicago, Le monde humain, Jacques Damade, collection L’Ombre animale, La Bibliothèque, 2016

Les gens, ils ont oublié que pour manger de la viande, il fallait tuer un animal. Le directeur d’un abattoir, filmé pour un reportage d’Envoyé spécial diffusé le 16 février 2017, s’agace. C’est vrai, tout a été fait pour qu’on oublie ce point de départ. En anglais, il y a des mots différents pour dire l’animal vivant dans le pré ou la bauge (a calf, a sheep, a pig) et le mort dans l’assiette (veal, mutton, pork). En français et en anglais, on dira vache (cow) pour le mammifère ruminant et bœuf (beef) pour le tartare ou la pièce que l’on demandera saignante ou à point. Citadins pour la plupart, nous ne voyons bien souvent de l’animal que le domestique ou, par le biais d’une échappée campagnarde, les vaches tachetées ou les moutons à laine grasse et aux drôles de pupilles. Jacques Damade situe le point d’origine de notre rapport clivé avec l’animal à Chicago, au début du XIXe siècle.  Continuer la lecture de Alors, on fait comment avec les animaux ?