Archives par mot-clé : identité

I comme île

Imaginaire par nature

Alphabet fantaisie, XVIe siècle

Été, ma petite académie en est à la lettre I, le blog s’appelle comme on sait, tout converge vers cette terre isolée, intrigante, fantasmée, refuge ou prison, bagne ou paradis, confetti ou assez vaste pour faire oublier la mer autour, tropicale ou glacée, avec ou sans îliens, caillou ou plantée d’arbres immenses dont on se demande s’ils ne prennent pas racine en mer. En un mot, court, à la fois féminin et masculin, léger, mille fois chanté, sensuel, le I étirant les lèvres à l’horizontale puis l’L roulé par la langue soudain stoppée dans son élan. Est-il beaucoup de mots de seulement trois lettres qui en entraînent autant dans leur sillage ? D’accord, il y a aussi vie, eau, feu, oui, non, été, mer et quelques autres (cruciverbistes, n’hésitez pas à compléter), mais île a une belle place au soleil des associations.  Le prononcer, c’est déjà partir. Explorations tous azimuts avec I comme ÎLE. Continuer la lecture de I comme île

On sait, on est de la famille

Au cirque, Patrick Da Silva, Le Tripode, 2017

C’est une histoire. Elle est écrite depuis les temps immémoriaux ; elle s’écrit à nouveau ; celle-là même, entre quelques autres. On la connait. Elle ne cesse de s’écrire avec les inflexions, des variantes mais la même. (…) histoire de dire les abîmes qui nous traversent, nous aspirent, que l’on fuit, qui nous fondent, cette violence animale et céleste, qui nous anime, nous agit et nous brûle. Extrait de la postface d’Au Cirque de Patrick Da Silva. J’ai envie de commencer par ces mots de la fin qui disent sans détour l’éternel de l’histoire, l’éternel de ce qui recommence à s’écrire parce que ça a toujours été là et continuera de l’être. Au cirque raconte par la fin une tragédie familiale, mère retrouvée pendue, yeux du père arrachés, langue et sexe tranchés. Et puis, on remonte le fleuve dangereux de l’histoire, convoqués par l’irrésistible envie de savoir. Pourquoi ? Comment ça a commencé ? Qui a fait le coup ? Continuer la lecture de On sait, on est de la famille

B comme blog

Intérieur / extérieur

Alphabet fantaisie, XVIe siècle

Voici le B que Barthes, Bovary, Borges, buvard ou brouillon n’auront pas, en tout cas si la formule lancée voici dix jours ne change pas (une lettre, un mot, une chronique). Me voilà donc à la tête de B comme BLOG pour dire tout ce que j’ai sur le cœur. Il y a presqu’un an, je suis sur un bateau reliant Ischia à Naples. Je viens de lire Sukkwan island, un roman qui m’a secouée. Alors, je prends un petit carnet que-j’ai-toujours-dans-mon-sac et j’écris des lignes et des lignes sur ce roman. Je sens que quelque chose se passe, que ce n’est pas un hasard si toutes ces phrases viennent aussi facilement. Sans que je le sache encore, la première chronique est née. Le nom du blog vient après, sans rapport avec son île ou son livre de naissance (que je crois). L’expression que j’ampute très vite de son trop triste déserte et que je transforme en affirmation enthousiaste, sort spontanément d’une conversation exaltée sur le projet. Enfin, je lance la petite affaire îlienne sur le vaste océan d’Internet.  Et maintenant, de temps en temps, on me demande Et le blog ? comme on dirait Et les enfants ? ou Et le travail ? Alors pour cette cinquantième chronique, B comme BLOG. Continuer la lecture de B comme blog

Sur une île j’écrirai

Anguille sous roche, Ali Zamir, Le Tripode, 2016

Je ne connais rien à la littérature de l’océan Indien. Je n’ai lu ni le comorien Mohamed Toihiri (La république des Imberbes, 1985), ni le malgache Jean-Luc Raharimanana (L’arbre anthropophage, 2004), ni le réunionnais Axel Gauvin, ni la mauricienne Natacha Appanah dont le dernier roman, Tropique de la violence prend pour cadre l’île française de Mayotte. Je n’ai foulé aucune de ces terres lointaines, ne sais pas grand-chose de leur histoire, mais je viens de finir Anguille sous roche d’Ali Zamir, Comorien de 27 ans. C’est un roman-phrase de 320 pages qui prend pour temps de narration la noyade d’une jeune fille dans l’océan reliant et séparant deux îles de l’archipel des Comores. Déroulé d’une histoire avant engloutissement annoncé. Continuer la lecture de Sur une île j’écrirai

Plus qu’à 37 points de l’appareil à raclette !

Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro, 6 pieds sous terre Éditions, 2016

080_006Tout commence à la caisse du supermarché. Un client a oublié l’indispensable carte du magasin. Il sera pour cela poursuivi par toutes-les-polices-du-pays. Auteur et héros d’un road movie déglingué, Fabcaro livre avec Zaï zaï zaï zaï, une critique puissante et hilarante de notre société. Traversant plusieurs univers (le commerce, la police et la gendarmerie, la politique, les médias, l’école, sans oublier… le petit monde Continuer la lecture de Plus qu’à 37 points de l’appareil à raclette !